POUR AMORCER UNE RECHERCHE,
PENSEZ À GOOGLE STREET VIEW

Même si on s’intéresse au passé lointain de notre environnement urbain, il peut s’avérer commode de recourir à un outil moderne, bien connu des internautes, Google Street View. Quand on jumelle les informations tirées de Google avec les atlas historiques de Montréal, présentés comme un autre outil du site, on peut aisément se déplacer à travers les siècles! La confrontation entre les images actuelles et les cartes d’époque peut servir d’amorce à une recherche historico-géographique. Prenons l’exemple de la rue Sainte-Rose déjà évoquée pour les empreintes de chats que certaines de ses façades affichent.

Rappelons l’emplacement de la rue Sainte-Rose. Elle est située dans le quartier Sainte-Marie (les ellipses des deux figures), bordée au nord par la rue Sainte-Catherine et au sud par le boulevard René-Lévesque (anciennement Dorchester); elle s’interrompt toutefois entre les rues Panet et Alexandre-DeSève (autrefois Maisonneuve). Comparons maintenant la vue aérienne du secteur, datant de 2016, avec une carte de 1912.


Quelques éléments sautent aux yeux. Il semble y avoir une moins grande densité d’habitations dans la zone située entre les rues Panet et Plessis (les quadrilatères rouges). De plus, un grand pâté de maisons aurait été rasé au cours du XXe siècle pour faire place à un vaste parc (les quadrilatères verts). Enfin, un immeuble à étages a été construit le long de la rue Papineau dans l’espace correspondant à un lot vacant en 1912 (les quadrilatère bleus).


C’est à partir de telles observations que vont émerger des questions qui vous inciteront à pousser plus loin la recherche sur un quartier…

Incidemment, pour ce qui est de la densité des maisons à gauche de la vue aérienne, il est fort probable qu’elle soit en bonne partie due à l’élimination des hangars au fil des ans (voir les bâtiments en jaune sur la carte). En y regardant de plus près, on y trouve aujourd’hui le passage Sainte-Rose/Plessis qui n’existait pas en 1912.

Par ailleurs, le grand espace vert entre les rues Champlain et Maisonneuve est le parc Charles Sandwith Campbell (1858-1923)1 , du nom d’un avocat et mécène, qui a notamment été l’instigateur de concerts donnés dans des parcs de la métropole, concerts qui ont perduré au moins jusqu’à la fin des années 1970.

Et quant au grand immeuble résidentiel appelé le FARO, eh bien nous nous en remettons à vous pour tenter de découvrir à la suite de quel événement il est apparu !

Tel est donc l’intérêt de Google Street View pour les chercheurs en herbe !


En complément

Pour parfaire votre analyse, poussez l’audace d’aller sillonner virtuellement la rue Sainte-Rose avec Google Street View sans sortir du confort de votre foyer… vous y trouverez cette superbe maison ancestrale de trois étages datée de 1870 qui, avec sa façade de pierre taillée, semble anachronique par rapport aux maisons en briques rouges qui occupent une bonne partie de la rue, celles-ci construites pourtant juste quelques années plus tard (entre les années 1875 et 1890. Son état de conservation vous étonnera.


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  1  "Campbell, Charles Sandwith (CMBL877CS)". A Cambridge Alumni Database. University of Cambridge. Lire aussi l’article intitulé «Those Campbell band concerts »