LA REVUE LE PRIX COURANT : UNE RÉFÉRENCE ESSENTIELLE SUR LES VENTES IMMOBILIÈRES À MONTRÉAL AU TOURNANT DU XXe SIÈCLE

Après les signatures devant le notaire, toutes les ventes immobilières que ce soit un terrain vacant ou une maison, doivent être enregistrées dans les différents bureaux d’enregistrement, rendant ainsi publiques des transactions conclues privément. En attribuant un numéro à ces enregistrements, ces derniers sont accessibles sur le site du Registre foncier du Québec en ligne et peuvent être téléchargés au coût de 1$ chacun. Une autre section de liremaville permet de se familiariser avec la démarche à suivre pour les obtenir.

Ces documents publics ne sont pas commodes à consulter, en raison de leur classement, de leur grand nombre et du fait qu’ils sont manuscrits. C’est la raison pour laquelle les chercheurs préfèrent avoir recours à des résumés de ces transactions rédigés et publiés par quelques revues et journaux à chaque semaine. Ces résumés livrent l’essentiel des informations relatives à chaque transaction, à savoir les noms des parties impliquées, le prix payé, la nature et l’emplacement du ou des biens, le numéro d’enregistrement. Quant à la date exacte de la vente, elle n’est pas divulguée, seule celle de l’enregistrement peut être en quelque sorte déduite, à quelques jours près, en se basant sur la semaine pendant laquelle a été effectué l’enregistrement (ellipse verte).

Le résumé le plus connu et le plus utilisé par les amateurs d’histoire est sans conteste celui de la revue Le Prix Courant sous la rubrique «Ventes enregistrées». Bien qu’elle soit publiée depuis 1887 ce n'est qu'à compter de 1896 qu'elle est beaucoup plus systématique dans sa tenue afin de couvrir l'Île de Montréal. L’examen de plus de 600 actes notariés entre 1903 et 1909 nous a permis de conclure que la revue avait présenté 99% des enregistrements de ces actes, ce qui en fait une excellente source en histoire immobilière. Malheureusement Le Prix Courant a cessé de publier temporairement sa rubrique pendant 8 mois en 1910, puis, définitivement, à partir d’avril 1911, Cela dit, on pourra toujours suivre le résumé des ventes publié par le journal La Presse en absence du Prix Courantet pour pousser la recherche dans les années subséquentes. Mais il faut prévenir les internautes que le quotidien a fait un moins bon travail en termes de qualité de l’impression et de fiabilité.

Étant parfaitement à l’aise de recommander Le Prix Courant, nous avons numérisé les quelque 75 000 résumés de 1896 à 1911 que nous avons regroupés par année et que vous pourrez aisément télécharger afin de lancer des recherches par date, par nom ou même par quartier.

-1896---1897---1898---1899--1900---1901---1902---1903--1904---1905---1906---1907-
---------------1908
janvier 1909 à février1910 décembre 1910 à mars 1911

Voici maintenant comment se présente Le Prix Courant publié le 29 janvier 1904 et couvrant la semaine qui se termine le 23 janvier. Comme le montre cet extrait, on distingue les trois bureaux d’enregistrements de l’île de Montréal de cette époque, soit ceux de Montréal-Est, de Montréal-Ouest et de Hochelaga-Jacques-Cartier (rectangles rouges). Chacun de ces bureaux fait office de circonscription foncière et leur nom doit être retenu afin d’identifier le document recherché. En effet, chaque bureau a inscrit dans ses registres les transactions qu’il numérote selon le même ordre séquentiel. Cela implique que les mêmes numéros d’enregistrement se retrouvent dans les trois bureaux, d’où la nécessité de préciser celui du secteur recherché. Par la suite, les informations sont réparties par quartiers (soulignés bleus) qui, à leur tour, présentent, au fil des semaines, un nombre variable de transactions enregistrées qu’on parcourt en suivant leur numéro en ordre croissant.

En terminant, examinons d’un peu plus près les résumés du quartier Hochelaga cette semaine-là. Trois transactions sont publiées avec leur numéro d’enregistrement inséré entre crochets (rectangles roses). Le nom de la rue où se situe le bien transigé introduit toujours chacun des résumés. Y figurent également les prix payés et les noms des acheteurs et des vendeurs. Si l’une des parties impliquées est une femme mariée, le nom de son époux sera aussi indiqué à l’instar de Marie Patenaude, épouse d’Oswald J. Télesphore Chamberland.

Outre la désignation cadastrale (ellipses rouges), on trouve souvent l’adresse civique lorsqu’une maison fait partie du bien transigé, comme c’est le cas du dernier exemple au 259-261 rue Saint-Germain. Mais les désignations cadastrales et les adresses civiques en usage à cette époque ne sont plus celles d’aujourd’hui. On pourra néanmoins les localiser avec précision en consultant les atlas historiques, disponibles en ligne à la BAnQ, dont l’accès est décrit sur liremaville .