LES MAISONS DE FOND DE LOT
SELON LES ATLAS HISTORIQUES DE MONTRÉAL

Si les maisons de fond de lot se font de plus en plus rares aujourd'hui, puisqu'elles ont été souvent remplacées par des duplex ou triplex, leur présence en nombre significatif ne fait pas de doute au cours des premières décennies du XXe siècle. Ce fait est attesté sur l’ensemble du territoire loti de Montréal. Ainsi, selon le volume III de l’Atlas historique de Montréal publié en 1914, un secteur de la ville, alors peu développé, en comptait beaucoup. Il s’agit du quadrilatère formé des rues Jean-Talon, de la Roche, Everett et De Lanaudière, secteur situé tout près de l’actuel Hôpital Jean-Talon.


Comme on peut le voir ci-haut, toutes ces maisons de fond de lot sont alors en bois, d’où le fait qu’elles sont représentées en jaune (et non en rouge, ce qui indiquerait des maisons de pierre ou de brique). On observe une douzaine de ces maisons artisanales signalées par la présence d’une adresse civile inscrite en petits caractères perpendiculairement au(x) lot(s) : la rue de la Roche en compte 4, la rue Chambord en a 3 et la rue De Lanaudière 5.

Un agrandissement du secteur de la rue De Lanaudière permet de voir plus clairement la disposition de ces maisons. Certaines occupent plus d’un lot, comme celle sur De Lanaudière près d’Everett qui occupe trois lots, soit les lots 1272, 1273 et 1274. Retenons que le fait qu’on n'y voit qu’une seule adresse pour ces trois lots construits indique clairement qu’il s’agit d’un ensemble formant une seule propriété.

Sur un autre plan, on constate qu'elles sont presque toutes situées tout au fond du lot, et non pas comme celle de la rue Louis-Hébert présentée en tant que première curiosité.

Quand on fait le décompte de l’ensemble du secteur, on constate que cinq maisons sont sur un lot, cinq autres occupent deux lots et deux en occupent trois. Cela semble donner une bonne indication de cette pratique de construction artisanale à Montréal.

Ces maisons de fond de lot ont été érigées après 1907, car selon la planche 45 de l'atlas publié cette année-là, aucune maison n'y apparaît. On y voit même des terres non loties et la rue de Castelnau n'y apparaît même pas tandis que la rue Hughes, future rue Jean-Talon, s'arrête à la terre 485.